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1946-2016 : L'Essor a 70 ans !

le 01 septembre 2016 - Daniel Brignon - Société - article lu 169 fois

1946-2016 : L'Essor a 70 ans !

En 70 ans, L'Essor a connu plusieurs générations, des engendrements successifs sur lesquels se bâtit la croissance et qui préservent du vieillissement. Histoire.

Le premier numéro de L’Essor est sorti des presses de La Loire Républicaine le 1er septembre 1946. Le nouveau né de quatre pages dans le grand format du quotidien, était dû à la volonté de Mgr Bornet, évêque auxiliaire de Lyon en résidence à Saint-Étienne. Il souhaitait renouer avec une presse catholique régionale comme il en existait sous plusieurs titres dans le diocèse de Lyon, interrompus à la Libération. L’Essor prenait la suite ainsi de La Croix du Rhône, La Croix de Saint-Chamond, L’Avenir de la Loire sous une nouvelle forme, un projet éditorial renouvelé et ambitieux.

Le ton de l’hebdomadaire catholique paraissant d’abord dans la région stéphanoise est ouvertement militant. Le premier mot de L’Essor, inscrit en lettres capitales à la Une est « Non ! » : un rejet du « silence », un combat lancé contre « les informations erronées et tendancieuses ». « Nous ne voulons pas capter la confiance par l’équivoque ou par un silence complice du mensonge », poursuit la note d’intention de ce journal délibérément d’opinion qui veut être la voix « du laïcat chrétien qui entend prendre position sur tous les problèmes actuels ».

S’il s’appuie sur de grandes signatures d’intellectuels chrétiens, Jean Guitton, Joseph Folliet, Henri Pourat, le journal ne se cantonne pas pour autant dans la pensée, mais s’inscrit dans le concret de l’information locale. Le chanoine Joseph Dusserre, que l’on peut qualifier de père fondateur, ayant accompagné la rédaction de L’Essor dans ses premières décennies, était acquis à l’idée qu’un journal d’information devait se tenir ouvert à tous les domaines de la vie et par son caractère « régional » refléter l’actualité de proximité.

Dès le premier numéro une page entière du journal est consacrée aux nouvelles des paroisses et des villages que fournissaient d’anciens correspondants des titres antérieurs, gagnés à la nouvelle aventure.

« La presse, ça presse ! »

Militants chrétiens devenus correspondants dévoués, ils sont aussi d’ardents diffuseurs dans le tissu rural des départements de la Loire, où se multiplient les éditions dont une édition du Roannais avec un bureau ouvert dans la sous-préfecture en 1953, du Rhône où rapidement le titre a été étendu, de l’Isère, où à la demande de Mgr Gaillot, l’évêque de Grenoble, le titre est installé bientôt.

Porté par le clergé, encouragé lui-même par les évêques, L’Essor porta bien son nom dans ses deux premières décennies. « Dans toutes les paroisses fleurissaient des comités de presse qui diffusaient abondamment notre hebdomadaire. Le slogan à la mode à cette époque était “la presse, ça presse !“. Les résultats étaient à la hauteur », témoigne cet ancien dirigeant du journal, qui évoque la période moins faste qui s’annonçait : « Entre 1960 et 1970, ce fut le déclin des comités de presse, l’essoufflement des militants et du clergé, de moins en moins nombreux et sollicités par de nouvelles tâches ».

Mai 68 était passé par là. La crise qui traversa l’Église eut raison de la mobilisation militante sur laquelle reposait la diffusion. Une partie du clergé se détourna de L‘Essor qui dut recourir à de nouvelles méthodes de vente. Ce fut par le moyen des abonnements que le journal reconstruisit son socle, ne s’adressant plus seulement à la communauté catholique mais un nouveau fonds de lecteurs, regagnés un à un, motivés par l’information départementale et locale.

La modernisation du journal était devenue nécessaire pour adapter le produit en réponse à des besoins plus larges. L’Essor fait école : en 1970, il est le premier journal du département de la Loire imprimé en offset dans le nouveau format apparaissant le tabloïd. Une révolution technique qui offrait de nouvelles possibilités de présentation.

Une insuffisance financière a amené le cardinal Decourtray à céder le titre, que détenait majoritairement l’Église de Lyon, à la fin de 1990, au groupe Le Progrès. Les moyens commerciaux et techniques mis en œuvre par le groupe de presse ont permis le redressement de l’activité et la modernisation du support via la numérisation de l’ensemble de la chaîne de fabrication. La couleur fleurit à toutes les pages dont on fait un usage alors immodéré.

Quand le quotidien Le Progrès vient à se séparer de ses satellites hebdomadaires, L’Essor est racheté par le groupe Riccobono presse, pour lequel ce nouveau titre vient consolider et étendre sa présence territoriale sur la région Rhône-Alpes.
Une nouvelle impulsion est donnée aux trois éditions de L’Essor, de l’Isère, du Rhône et de la Loire, où désormais subsiste une édition unique, départementale.

Le 27 janvier 2006, le format évolue pour se rapprocher d’une ligne magazine, que le média adoptera, avec une connotation économique et juridique plus revendiquée, en phase avec l’activité de ses territoires. Celle-ci sera encore davantage soulignée avec l‘acquisition par le groupe de nouveaux hebdomadaires économiques, avec lesquels L’Essor sera marié à la veille de ses 70 ans, en 2013 : Les Petites Affiches de la Loire, qui par la fusion engendrera L’Essor Affiches, dans la Loire. La Tribune de Vienne qui avec L’Essor de l’Isère donnera naissance à L’Essor TribuneUne nouvelle génération.

Daniel Brignon



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