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1515, Marignan : Lyon capitale du royaume

le 14 septembre 2015 - Daniel Brignon - Culture - article lu 159 fois

1515, Marignan : Lyon capitale du royaume
L'hôtel Gadagne, la Renaissance lyonnaise

Juillet 1515, c'est à Lyon à nouveau que François 1er rassemble ses troupes et prépare la nouvelle campagne d'Italie qui se soldera par la victoire de Marignan.

C’est coutumier. À l’origine des guerres d’Italie en 1492, le roi Charles VIII s’installe à Lyon avec sa cour pour y préparer ses troupes. Replié d’Italie il en 1495, il passe à Lyon deux mois d’été. Louis XII son successeur sur le trône de France en 1498, est à Lyon pour concrétiser la prise du Milanais victorieusement cette fois. Mais après les revers il faudra l’offensive de François 1er à Marignan pour s’en rendre maître, pour une courte durée.
Lyon fut à ces différents épisodes la capitale du royaume, base arrière et quartier général pour les troupes royales pendant les guerres d’Italie mais aussi la capitale du royaume quand le gouvernement de Louise de Savoie, régente pendant la captivité de François 1er en Espagne, s’installe à Saint-Just pendant un an de 1524 à 1525.
Carrefour géographique, en fort développement économique, Lyon aura la faveur des rois, pour une autre raison singulière qui est à mettre en rapport avec se prospérité commerciale : le renflouement de la trésorerie de rois et des princes auprès des banquiers lyonnais.
En 1515, la ville de 50 000 habitants connaît une croissance forte grâce au commerce qui profite d’une situation de carrefour entre l’Italie et les pays du nord et la bienveillance des rois qui accordent le privilège de quatre foires annuelles à la ville. Au début du XVIe siècle, Lyon est l’un des principaux centres commerciaux du royaume. Sur 209 grandes sociétés commerciales recensées dans le royaume de France, 169 sont basées à Lyon dont 143 italiennes. Du sud au nord de l’Europe Lyon assure le transit des épices de Gênes et Venise, des soies, taffetas et velours de Lucques et Florence et écoule les articles provenant de la région, les toiles, cuirs et pelleteries du Forez, Roannais et Beaujolais.

Ville cosmopolite, elle a accueilli depuis le XVe siècle une importante colonie en provenance d’Italie : Gênes, Florence, Lucques, Milan, Plaisance, Sienne. Ils s’appellent Gadagne, Salviati, Gondi, Capponi, Michaeli-Arnolfini, Pazzi, des marchands enrichis devenus banquiers des princes. Même les Médicis de Florence transféreront en 1466 à Lyon leur succursale bancaire qu’ils avaient ouverte à Genève.

Et vint la soie. Lyon fait commerce de la soie et des étoffes précieuses venues d’Italie mais ne fabrique pas encore même si en 1466 Louis XI avait par ordonnance voulu créer à Lyon une manufacture de soie. Elle ne fut pas mise en œuvre, les marchands lyonnais ne souhaitant pas concurrencer leurs partenaires commerciaux italiens. François 1er revint à la charge en 1536 en octroyant par lettre patentes des privilèges à deux fabricants piémontais installés à Lyon : Étienne Turquet et Barthélémy Nariz. La corporation des ouvriers en « draps d’or, d’argent et de soye » est installé dès lors et l’industrie de la soie connaîtra un essor extrêmement rapide. Vingt ans plus tard la soierie deviendra l’activité industrielle principale à Lyon. Elle fera travailler 12 000 personnes.

Foyer de l’humanisme

Lyon s’impose au XVIe siècle comme un foyer de l’humanisme et la diffusion des savoirs porté par une activité d’imprimerie de premier ordre.

Barthélémy Buyer ouvre le premier atelier d’imprimerie lyonnais sur la rive gauche de la Saône en 1472. Peu de temps après, au début du XVIe siècle avec 181 imprimeries recensées Lyon s’érige en troisième centre européen d’édition après Venise et Paris. Puis devient le premier en 1550 avec 400 imprimeurs, beaucoup venus de l’étranger, italiens, espagnols, dalmates, flamands… qui affluent vers la place marchande.  À l‘exemple de Sébastien Gryphe, originaire du Wurtemberg, qui arrive à Lyon en 1523 et se lance dans l’édition des grands auteurs humanistes Erasme, Thomas More, Guillaume Budé… et sera diffusé dans l’Europe entière. Il édite des auteurs de l’intelligentsia lyonnaise : Rabelais, Maurice Scève.

Jean de Tournes, compositeur chez Sébastien Gryphe, s’établit à son compte dans le même quartier de la rue Thomassin et commence une carrière d’éditeur en 1450. Jean de Tournes deviendra le principal éditeur de littérature du XVIe siècle à Lyon, singulièrement féminine, éditeur des Oeuvres de Louise Labé, l’une des figures littéraire de ce siècle à Lyon, avec Maurice Scève, et Rabelais qui publie à Lyon Pantagruel en 1532, Gargantua en 1534, pendant son séjour à Lyon comme médecin à l’Hôtel-Dieu à partir de 1532.

Le déclin de l’édition s’amorce vers 1560 en raison des guerres de religion qui verront la fuite des éditeurs et ouvriers protestants vers les futures capitales de l’édition européenne, telles que Genève et Bruges.
D’une manière générale les guerres de religion ont assombri le développement régional à partir de 1562.

Daniel Brignon

À suivre : 1515 : Saint-Étienne se forge un destin industriel.



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