Fermer la publicité

14 et 15 septembre 1515 : c'est Marignan

le 14 septembre 2015 - Daniel Brignon - Culture - article lu 370 fois

14 et 15 septembre 1515 : c'est Marignan
Bas-relief du tombeau de François Ier à l'abbaye de Saint-Denis, qui illustre la bataille de Marignan, avec François Ier

Quinze cent quinze, le millésime le mieux reconnu de l'histoire de France, avec la mention automatique qui suit : Marignan, où se livra la bataille victorieuse de François 1er les 14 et 15 septembre. Comment cette victoire qui ouvrait voici tout juste 500 ans une grande page de l'histoire nationale s'inscrit-elle dans le terroir régional ?

La victoire de Marignan dont s’auréola François Ier la première année de son règne les 14 et 15 septembre 1515, il y aura juste 500 ans, constitue-t-elle le pivot, la ligne de rupture du Moyen Àge vers ce siècle que l’on nommera Renaissance ? Un tour d’horizon régional nous enseigne la proximité du jeune roi François  Ier avec les territoires de Lyon, du Dauphiné et du Forez.

Tout au long des campagnes d’Italie qui auront laissé une forte empreinte sur le territoire. François  Ier, comme ses prédécesseurs sur le trône, séjourne à Lyon pour y préparer ses campagnes et en 1515 fait halte à Grenoble où le rejoint un compagnon d’armes légendaire : Bayard.
Toujours dans le contexte italien François  Ier crée la soierie à Lyon et arme Saint-Étienne dans ce Forez dont il viendra prendre possession en 1532.

Un Dauphinois héroïque : Bayard

1515, les troupes royales traversent le Dauphiné, le jeune roi François Ier en tête. Brièvement stationnées à Grenoble du 3 au 10 août elles se dirigent vers Vizille et les Alpes. Elles sont accompagnés d’un déjà héros dauphinois, le capitaine Bayard. On attribue au chevalier devenu une légende encore quelques géniales initiatives dans la bataille de Marignan qui s’est livrée les 14 et 15 septembre. D’ailleurs la légende veut que François Ier soit adoubé chevalier en signe de reconnaissance par Bayard au lendemain de victoire de Marignan. Le fait vient du premier récit des hauts faits du « preux et vaillant chevalier Bayard », de Symphorien Champier, médecin lyonnais et cousin de Bayard un an après sa mort, en 1525.

Il forgera la légende du chevalier sans peur et sans reproche, dans la nostalgie d’une chevalerie médiévale qui livre ses dernières armes.

La guerre a changé de visage. L’infanterie et l’artillerie naissante seront les premiers piliers d’un « humanisme militaire », pragmatique, théorisé dans L’Art de la guerre de Machiavel publié en 1521.

L’ironie de l’histoire veut que l’ardent défenseur d’un ordre chevaleresque, qui combat frontalement l’épée à la main tel qu’il est resté dans la légende, Bayard, périsse rattrapé par les effets de ce nouvel ordre militaire qui ne se préoccupe pas de morale mais d’efficacité. Il est atteint dans le dos par le projectile d’une arme à feu, à Rovasenda lors d’une nouvelle campagne où l’a appelé François  Ier en 1524.

Pierre Terrail, seigneur de Bayard, né à Poncharra, dans la vallée du Grésivaudan, entre 1473 et 1476, issu de la noblesse dauphinoise, s’accomplira dans le métier des armes, reçu comme page d’abord à la cour du duc de Savoie, puis remarqué par le roi de France, employé comme homme d’arme dans l’une de ses compagnies d’ordonnance. Bayard participe aux campagnes d’Italie de Charles VIII et Louis XII au cours desquelles il s’illustre par des exploits personnels, tenant par exemple le pont de Garigliano seul face à 200 Espagnols…

Au-delà des faits de guerre qu’il poursuivra avec François  Ier, il sera nommé par ce dernier le 20 janvier 1515, quelque jours après son avènement sur le trône, lieutenant général du Dauphiné qu’il demeurera jusqu’à sa mort en 1524. À ce titre, nanti de sa confiance royale, Bayard exerce la plénitude des pouvoirs royaux sur la province. Les Dauphinois l’accueilleront bien comme tel à son entrée à Grenoble le 17 mars 1515, acclamé et salué une salve de canon. Il laissera le souvenir d’un administrateur bienveillant mais ferme de la capitale dauphinois Grenoble qui compte alors 4 000 habitants. Il se préoccupe d’aménager la ville et surtout d’engager des travaux pour prévenir les inondations dont elle souffre sous les eaux de l’Isère et du Drac, particulièrement impétueux en 1519.

Mort le 29 avril 1524, sa dépouille est ramenée le 2 mai à Grenoble où l’accompagnera à la cathédrale Notre-Dame un immense concours de peuple ainsi qu’au couvent des Minimes de la plaine de Saint-Martin-d’Hères où il sera enterré.

Daniel Brignon



À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide