Fermer la publicité

« 1 000 vaches » : Laurent Pinatel écope du sursis

Loire le 01 novembre 2014 - Marine Graille - Actualités - article lu 516 fois

« 1 000 vaches » : Laurent Pinatel écope du sursis
(D.R.)

Mardi dernier, environ 80 Ligériens ont fait le déplacement jusqu'à Amiens pour soutenir Laurent Pinatel, porte-parole national de la Confédération paysanne et agriculteur à Saint-Genest-Lerpt.

Il est accusé, ainsi que huit autres militants, d’avoir dégradé une partie de la ferme des 1 000 vaches située dans la Somme.
« Laurent Pinatel et quatre autres collègues ont effectué en mai dernier une opération de "déboulonnage symbolique" de la salle de traite de la ferme. L. Pinatel a ensuite remis en main propre à Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, les pièces que les militants avaient récupéré », résume Guillaume Viallette, de la Confédération paysanne de la Loire. Par cette action, l’agriculteur ligérien et quatre militants étaient poursuivis pour vol et recel. Les quatre autres accusés étaient poursuivis pour dégradation ou refus de prélèvements ADN.  Selon la partie civile, ces actions auraient causé environ 150 000 € de dégâts matériel. Un montant que conteste en bloc la Confédération paysanne.

Un second procès symbolique

Mardi soir, le délibéré a été prononcé et la peine la plus lourde a l’encontre de Laurent Pinatel qui écope de 5 mois de prison avec sursis et de 300 € d’amende pour refus de prélèvement d’ADN. « La procureure de la république avait beaucoup insisté sur le cas de L. Pinatel qui était accusé de recel puisque c’est lui qui a interpellé le ministre de l’Agriculture pour lui remettre les pièces déboulonnées de la ferme des 1 000 vaches. » A l’annonce du verdict, le porte-parole a estimé que le procès des neuf militants était « un simulacre de justice qui a expédié en une heure l’action syndicale comme une vulgaire action des délinquants des grands chemins. On ne nous a pas reconnus comme des lanceurs d’alerte ». Les militants condamnés réfléchissent à la possibilité de faire appel de cette décision. Après enquête et expertise, le montant d’une amende civile globale devrait être connue en juin prochain.
En parallèle du procès des neuf militants, se tenait un second procès, « symbolique » cette fois, celui de l’« industrialisation de l’agriculture » incarnée par la ferme des 1 000 vaches. Cette exploitation regroupe pour l’instant 500 vaches (et donc à terme 1 000) produit dans un premier temps du méthane grâce au lisier émis par le bétail. Dans un second temps, ces bêtes produiront plusieurs millions de litres de lait par an quand en moyenne une exploitation en France produit 300 000 l de lait avec un cheptel d’une cinquantaine de vaches. Plusieurs points sont dénoncés par les détracteurs de la ferme des 1 000 vaches notamment les conditions de vie du bétail. « Les bêtes ne sortent pas de la salle de traite et sont nourries en grosse quantité par ensilage (alimentation fermentée, NDLR) ce qui peut provoquer chez les animaux des problèmes de cirrhose notamment. Par ailleurs, la forte concentration de bovins pose également souci car les risques d’épidémie sont plus importantes et les bovins sont plus fragiles », assure G. Vialette.

« Il faut agir, agir, agir »

« Ces actions étaient illégales mais légitime. Le débat de l’industrialisation de l’élevage que refusent François Hollande et Stéphane le Foll est trop important pour qu’on le laisse tomber pour des peines avec sursis. Le danger est imminent », insiste Laurent Pinatel, qui achève son discours mardi soir en citant Marie Curie : « il faut agir, agir, agir ».  

Marine Graille


 

Une ferme-usine en Rhône-Alpes ?

Les projets agricoles de cette envergure commencent à se développer à travers la France par exemple avec deux projets d’ateliers d’engraissement de jeunes veaux l’un sur le plateau des millevaches, le second dans l’Ain. Ces projets ne sont pour l’instant qu’à l’étude. Un poulailler géant  avec 250 000 poules (et 400 millions d’œufs à l’année) pourrait également voir le jour à Beauval dans la Somme. Aucun projet de ce type n’est pas pour l’instant prévu en Rhône-Alpes, mais les agriculteurs de la région restent malgré tout sur leur garde.



À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide