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« Tsiganes », l'origine du désamour

Isère le 30 octobre 2015 - Caroline THERMOZ-LIAUDY - Expositions - article lu 750 fois

« Tsiganes », l'origine du désamour
Musée Dauphinois - Charles Bertier- Exposition "Tsiganes: une vie de bohème"

Une vie de bohême ? Pas vraiment. Depuis plusieurs siècles, les Tsiganes sont mal-aimés. Quel que soit le nom qu'on leur donne, les gens du voyage interrogent. Le musée Dauphinois lève le voile.

On en a beaucoup parlé la semaine dernière, et en général, les gens du voyage ont mauvaise presse. Dans sa nouvelle exposition à voir du 24 octobre au 9 janvier, le musée Dauphinois a choisi de mettre en avant une population qui constitue aujourd’hui la minorité la plus importante d’Europe : les Tsiganes. Outre la vitrine des aspects culturels, l’exposition veut interroger les raisons de leur rejet, un peu partout en Europe.

Appelés Roms aujourd’hui, ils étaient nommés Sarrazins, ou Egyptiens à leur arrivée en Europe au XVe siècle, puis, Bohémiens et Romanichels. Dans les années 1960, l’administration française les classe « gens du voyage », et ce, malgré la tendance à la sédentarisation. Les Tsiganes auraient comme origine l’Inde (même si cette version est de plus en plus contestée par les historiens), et se seraient dispersés en Europe occidentale à partir de la fin du Moyen-Age. Pèlerins, artisans, commerçants ambulants à leur arrivée, ils deviennent des hommes d’armes pour la noblesse, et sont estimés bons chrétiens par l’église. Ils sont bien tolérés, exceptés dans l’actuelle Roumanie, où ils sont à l’époque réduits à l’esclavage. Ce n’est donc que bien plus tard, au XVIIe siècle que l’hostilité apparaît avec la tentative de sédentarisation des populations nomades. Un étrange antagonisme apparaît alors, les commerçants, accusés de larcins, sont accusés d’être des « voleurs de poules », alors que les artistes, les bohémiens, incarnent l’idéal romantique, où le nomadisme rime avec la liberté, et la vie de bohème.

Aujourd’hui, les Tsiganes sont toujours rejetés. Quelles en sont les raisons ? Est-ce l’opposition ancestrale entre sédentaires et nomades ? Est-ce la délinquance dont on l’accuse ?
Pour être au plus près des réalités actuelles, le musée Dauphinois a questionné des membres de ces communautés, qui témoignent dans l’exposition sur leur parcours de vie. L’exposition se termine par la présentation du travail du photographe Pablo Chignard, qui a réalisé en 2015 les portraits de familles roms, qui, venues d’Europe de l’Est pour des raisons économiques et sociales, vivent en Isère. Loin du misérabilisme, le projet souhaite appréhender une réalité, avec une certaine humanité.
Pendant un peu plus de 2 mois, le musée dauphinois apportera des éléments de réponses, et emmènera les visiteurs en voyage, sur les traces du peuple nomade.

Caroline Thermoz-Liaudy
 

«Tsiganes, une vie de Bohème ? » -  Du 24 octobre 2016 au 9 janvier 2015- Musée Dauphinois à Grenoble. (En complément, le musée de la Résistance et de la Déportation proposera l’exposition « Un camp pour les Tsiganes. Saliers 1942-1944 » du 27 novembre au 16 mai).
 

 



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