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Agriculture : « Quand une femme s'installe, c'est pour faire de la qualité »

Isère le 20 mars 2017 - Elisabeth Laverdant - Région grenobloise

Agriculture : « Quand une femme s'installe, c'est pour faire de la qualité »
Perle de Jument - Pour Mélanie Barras, les femmes amènent une touche de créativité dans l'agriculture

Elles ne sont pas plus de six à Villard-de-Lans mais elles sont bien installées. Les femmes agricultrices sont de plus en plus nombreuses. Rencontre avec Mélanie Barras, présidente du syndicat agricole de Villard-de-Lans.

Que produisez-vous dans votre exploitation ?

Avec mon mari nous sommes producteurs de lait de jument bio. On en fait des produits cosmétiques. Nous avons aussi une activité de centre équestre. Nous sommes installés depuis sept ans suite à une reconversion. Auparavant, j’étais responsable marketing et mon mari était ingénieur. Mais encore aujourd’hui, nos anciens métiers nous servent.

Le nombre de femmes agricultrices a augmenté. Comment expliquez-vous ce phénomène ?

Oui, en dix ans nous avons atteint les 40 % de femmes agricultrices en Isère. Il faut d’abord savoir que le statut de femme d’agriculteur s’est officialisé. Elles prennent une forte part dans les activités agricoles de leur mari. Il y a également beaucoup de reconversions professionnelles. En générale, les femmes cherchent à donner du sens à leur carrière. Là, on produit quelque chose et on le valorise. On peut même parler de touche créative et fantaisiste. Mais c’est vrai que souvent on est sur des secteurs de niche.

L’agriculture est un monde d’hommes…

C’est vrai. L’agriculture souffre d’une image un peu machiste. En tant que femme, on ne cherche pas à s’imposer. Il faut plutôt montrer qu’on amène quelque chose dans ce métier. Les hommes sont souvent surpris par nos projets. Moi, je suis passée pour une extraterrestre quand je me suis installée. Mais les hommes sont à l’écoute et on finit par collaborer en bonne entente.

Pensez-vous que le nombre d’agricultrices peut encore augmenter ?

Oui je pense. Mais on va arriver à un stade où il y aura une butée. Ce qui est important ce n’est pas la quantité. Quand une femme s’installe, c’est pour faire de la qualité. Les femmes sont vraiment investies. Et je pense que c’est ça qui va sauver l’activité : la qualité du produit.

Propos recueillis par Elisabeth Laverdant



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