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Paul Personne : « Je n'ai jamais cherché à être un Guitare Hero »

Loire le 13 mars 2015 - Florence Barnola - Musique - article lu 233 fois

Paul Personne : « Je n'ai jamais cherché à être un Guitare Hero »
Yann Buisson - Paul Personne: "Le solo de guitare sert à ponctuer ou finir une histoire"

A l'occasion de la tournée pour son dernier album « Puzzle 14 », Paul Personne et son groupe À l'Ouest passent par le Fil de Saint-Étienne le 18 mars prochain. Rencontre avec cette légendaire figure blues rock.

Pourquoi avoir intitulé votre dernier album studio, Puzzle 14 ?

J’aime bien ce mot puzzle avec deux « z » ça sonne bien. J’ai l’impression que la vie est une sorte de grand puzzle. L’être humain court partout, en recherche de quelque chose, comme si à l’intérieur on avait une forme de pièce manquante.
C’est aussi mon quatorzième album studio. Un album est constitué un peu de bric et de broc, de tas de sentiments, de sensations, d’émotionnel que l’on met dans une corbeille et dans laquelle on va piocher des choses.

Quel a été votre moteur d’écriture ?

J’ai essayé d’écrire très vite, l’enregistrement des chansons était très rapide à la fin de la tournée 2013 durant l’été, je n’ai pas voulu lâcher les musiciens. Comme nous venions de passer deux ans sur la route et qu’il y avait eu deux albums faits avec eux, cela s’est fait assez facilement. J’ai des tas de mots griffonnés sur des cahiers ou dits sur dictaphone. J’ai essayé de rassembler des choses et puis on est comme une éponge, on absorbe ce qui se passe dans la vie, dans l’actualité.

C’est le troisième album que vous faites avec le groupe À l’Ouest, vous le loup solitaire du blues rock…

Pourquoi changer une équipe qui gagne ? Il y a de la complicité, nous sommes dans le même état d’esprit. C’est vrai que j’ai un côté solitaire mais en même temps j’ai été élevé au groupe, j’aime bien cette complémentarité entre des individualités. Cet esprit de famille j’ai toujours essayé de l’avoir dans la musique, en tournée, je suis resté très longtemps avec les mêmes musiciens dans les années 1980. Après j’ai eu d’autres envies.

Être un élément solitaire mais qui peut aller vers l’accompagnement quand il veut, est une sorte de luxe.

Vous êtes un guitariste virtuose admiré…

Je n’ai jamais cherché à être un grand virtuose ou un Guitare Hero, ce genre d’attitude est devenu vachement cliché. Dans les années 1990, il y a eu des technicités fabuleuses, il y a eu des guitaristes qui jouaient plus vite que leur ombre mais cela ne m’a jamais attiré. Pour moi l’instrument fait vraiment partie intégrante d’une chanson, d’un morceau, ça doit raconter une histoire. Quand la voix ne dit plus rien avec des mots, le solo de guitare sert à ponctuer quelque chose ou à finir l’histoire. Cela ne doit jamais être tape à l’œil ou démonstratif. Môme, j’écoutais des mecs comme Jimmy Page, Hendricks, Clapton… Même un mec comme Carlos Santana il a toujours un côté très mélodique, il avait presque un son d’oiseau avec sa guitare pendant que les percussions et la batterie parlaient de la terre, du feu… J’ai toujours eu une sensibilité par rapport à cela qui fait que je n’essaie pas de faire de l’esbroufe vis-à-vis des gens, j’essaie juste de leur faire partager quelque chose.

Pourquoi avoir choisi comme pseudonyme « Personne » ?

Je me suis toujours caché sous des noms de groupe. À un moment donné j’ai voulu faire un truc tout seul mais je ne savais pas sous quel nom. Je voyais tous ces bluesmen qui avaient des noms pas possibles, Buddy Waters ou Lightnin’Hopkins, je me disais qu’ils s’amusaient bien avec ces pseudos. C’était une période où je lisais L’Odyssée et j’avais trouvé le passage avec Ulysse qui crève l’œil du cyclope assez marrant. Le cyclope lui demande « mais qui es-tu ? » Ulysse lui répond « personne ». Par la suite, le père du cyclope questionne son fils sur celui qui lui a crevé l’œil et le cyclope dit : « c’est personne ». J’ai trouvé ça marrant d’accoler un bout de mon prénom à ce nom-là.

Propos recueillis par Florence Barnola

Le Fil à Saint-Étienne, mercredi 18 mars à 20 h 30. En première partie : They Call Me Rico le projet solo du chanteur de Madcaps, Frédéric Pellerin, alias Rico. Le Québécois réside désormais à Lyon. Avec ce projet, en homme-orchestre ou accompagné de musiciens invités, Rico revient à ses premiers amours, le Raw Blues et le Folk/Rock. Et déjà deux albums de sortis, le dernier s’intitule This Kind of Life.



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