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Clinique Saint-Charles de Roussillon : « On nage en plein brouillard ! »

Isère le 13 novembre 2015 - Lawrence Krouwel - Sciences, Santé, Environnement - article lu 592 fois

Clinique Saint-Charles de Roussillon : « On nage en plein brouillard ! »
Lawrence Krouwel - Enième rebondissement concernant la réhabilitation de la clinique, Clinifutur se retire du projet

La réhabilitation de la clinique Saint-Charles ne sera pas pour demain, le groupe Clinifutur s'est retiré du projet.

« C’est officiel. Clinifutur s’est retiré. Le groupe de santé réunionnais justifie ce retrait  concernant le rachat de la clinique Saint-Charles à Roussillon et des Cévennes à Annonay : il voulait racheter tout le groupe Clinicé, le propriétaire actuel des cliniques de Roussillon, Annonay et la polyclinique des Chênes située à Aire-sur-l’Adour. Et c’est justement cette dernière qui pose problème. Clinifutur rencontre des problèmes avec le personnel », explique Marc Templereau, membre de l’association Ma clinique j’y tiens. « La polyclinique des Chênes, ce n’est pas notre problème ! Pour l’heure, on nage en plein brouillard ! », s’inquiète Marc Templereau. Et il n’est pas le seul à s’inquiéter.

Le personnel de Saint-Charles qui se pensait sorti d’affaire après deux ans de combat est atterré. « Dès que nous avons appris la mauvaise nouvelle, nous nous sommes rapprochés de l’agence régionale de santé (ARS) pour avoir des explications. Mais celle-ci ne souhaite pas communiquer sur le sujet », regrette le membre de l’association. Et Marc Templereau de poursuivre en précisant que les membres de l’association n’allaient pas en rester là. En effet, le collectif a sollicité un rendez-vous auprès du député Erwann Binet ainsi qu’un rendez-vous à la communauté de communes du Pays roussillonnais où le président Charvet devrait les recevoir dans les plus brefs délais.

« L’ARS anéantit dix années de travail »

Quel avenir pour la santé en Pays roussillonnais ? A cette question, le docteur Gilbert Dubourgnon répond et ne mâche pas ses mots. « Quand je passais devant la clinique, deux mots retenaient mon attention. Avenir et nouvel établissement. Aujourd’hui, ce projet ambitieux de construction à Salaise, ce projet à la hauteur de notre territoire est bafoué et se réduit au plus strict minimum. Une réhabilitation de Saint-Charles si toutefois c’est toujours d’actualité ! Et une réhabilitation ne nous rassure pas. La clinique a perdu de son crédit auprès des patients et des médecins ces deux dernières années », regrette le docteur Dubourgnon.

Et de se questionner sur le responsable de ce gâchis. « On parle de désertification médicale mais on fait tout pour décourager l’installation de nouveaux médecins. Cette année, deux médecins ont dévissé leur plaque à Chanas et un médecin prend sa retraite à Roussillon. Chaque jour, des patients me téléphonent à la recherche d’un médecin référent. Ce n’est pas aux médecins de gérer cette pénurie mais à l’ARS », s’insurge le docteur Dubourgnon. Et de rappeler que l’ARS n’avait jamais consulté les professionnels de santé dans le dossier de la clinique. « Jusqu’à présent, il était pratique pour les généralistes d’exercer à proximité d’un service d’urgence avec un plateau technique chirurgical. Mais l’évolution se fait par le bas. La réponse de l’ARS est violente, elle anéantit dix années de travail de la mairie de Salaise et laisse depuis deux ans des salariés dans l’angoisse », conclut le docteur Dubourgnon.

Lawrence Krouwel
 



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