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« Nous sommes dans la droite ligne de la réforme des collectivités voulue par l'Etat »

le 30 mai 2015 - Marine Graille - Économie - article lu 292 fois

« Nous sommes dans la droite ligne de la réforme des collectivités voulue par l'Etat »
DR - Alain Berlioz-Curlet, président de la CRMA Rhône-Alpes

Au 1er janvier prochain, Rhône-Alpes et Auvergne ne feront plus qu'un. Les collectivités et les chambres consulaires doivent alors s'adapter à ce nouveau redécoupage. Les chambres régionales d'artisanat ont déjà entamé un travail pour préparer leur union Alain Berlioz-Curlet, président de la CRMA Rhône-Alpes fait le point.

Dans  6 mois, CRMA Rhône-Alpes et CRMA Auvergne ne formeront plus qu’un, suite à la réforme territoriale. Comment préparez-vous cette union ?

Nous avons tout d’abord procédé à un état des lieux à l’occasion d’une réunion organisée en octobre 2014 à Saint-Etienne, puisqu’il nous fallait un lieu central pour pouvoir rassembler les 12 départements qui composeront bientôt la nouvelle entité. Lors de cette rencontre, nous avons commencé à envisager des méthodes de travail en proposant notamment la mise en place de 4 groupes de travail : économie, formation, communication et affaires générales.

L’économie concernera essentiellement les relations que nous entretenons avec les collectivités (Région, Département…). Pour ce qui est de la formation, le groupe se concentrera sur les différents dispositifs de formations transversales qui sont proposées pour les artisans. Le groupe affaires générales sera chargé du fonctionnement des chambres de métiers c’est-à-dire les ressources humaines, la gestion des payes…  Et enfin l’équipe communication, cherchera le meilleur moyen de communication (site Internet, revue…) et sur comment nous souhaitons communiquer à l’avenir après l’union.

Pour vous, il s’agit d’une union plutôt qu’une fusion entre les deux CRMA et encore moins d’une l’absorption de l’Auvergne par Rhône-Alpes ?

Tout à fait. Il existe deux chambres régionales de métiers et de l’artisanat, toutes deux vont s’unir pour n’en créer plus qu’une. Dans les modalités que l’on a choisi, il s’est posé la question de savoir si l’on restait en chambre régionale de métiers et de l’artisanat, ce qui signifie que les chambres départementales restent des entités en tant que telles regroupées au sein d’une chambre régionale, ou bien de passer en Cmar c’est à dire chambre des métiers de l’artisanat de région. Cette solution sous-entend qu’il n’existerait plus de chambres départementales mais ce sont des sites territoriaux, sans président puisqu’il n’y aurait plus qu’un président de région, qui organisent un réseau territorial. Pour nous, le choix est quasi fait et devrait être prochainement validé en assemblée, de rester en chambre régionale de métiers. Ce seront les présidents départements qui se prononceront dans les prochaines semaines sur le schéma qu’ils souhaitent adopter.

 C’est important selon vous qu’il y ait des représentants départementaux de la chambre des métiers ?

Dans une région avec 8 départements, et bientôt 12 départements, la lisibilité territoriale me semble en effet importante tout en mutualisant plus les fonctions supports au niveau régional. Cette mutualisation nous est imposée par les textes mais aussi par notre volonté de faire des économies, d’avoir des collaborateurs avec des compétences plus transversales, de ne pas augmenter la masse salariale. On est dans la droite ligne de la réforme des collectivités que souhaite l’Etat.

 Qu’en sera-t-il donc des salariés des deux chambres régionales après leur union ?

Il n’est ni prévu d’augmentation de la masse salariale ni prévu de plan social. L’inquiétude pour les collaborateurs est de se dire que dès le moment où il y a une fusion il peut y avoir doublons et donc des licenciements. Nous avons regardé par rapport aux départs à la  retraite et aux contrats à durée déterminée que l’on a sur l’ensemble de nos chambres, que nous avions la capacité de garder la totalité des 500 salariés (410 pour Rhône-Alpes et 90 pour l’Auvergne) hors FMA de Bourgoin-Jallieu.

Ce que nous souhaitons c’est que les départs à la retraite et les CDD permettent qu’il n’y ait pas de licenciements. Et que l’on souhaite également que s’il existe des doublons, les personnes puissent se trouver une autre compétence. Ce qu’on souhaite c’est proposer une offre de service supplémentaire d’accompagnement pour être au plus près de l’entreprise. On a besoin du potentiel humain de nos chambres encore faut-il que nos ressources nous le permettent aussi. On a des écrêtements de l’Etat et nous avons un plafonnement de nos ressources. Il faut donc faire avec cette équation.

 Justement concernant vos ressources, quelles sont-elles ?

Les ressources totales agrégées en Rhône-Alpes s’élèvent à 37 M€ dont 20 M€ environ issus des taxes et 17 M€ provenant du conseil régional, des conseils généraux mais aussi de nos activités propres payantes.

 Que représente l’artisanat en Rhône-Alpes/Auvergne ?

Rhône-Alpes compte actuellement 125 000 artisans et l’Auvergne plus de 25 000. Le bâtiment représente environ 43 % des métiers de l’artisanat en Rhône-Alpes, ensuite 11 % pour l’alimentaire et 46 % pour les services (coiffure…) et la fabrication (mécanique…). En Auvergne, comme au niveau national, nous sommes à peu près dans les mêmes proportions.

 La question de gouvernance pour la future entité a t-elle été abordée ?

Tout d’abord concernant le nom de la future chambre, nous allons probablement nous adosser au nom qui sera donné au conseil régional. Dans un premier temps cela sera chambre Auvergne/Rhône-Alpes. Concernant la gouvernance nous avons l’obligation d’avoir un seul bureau, qui sera basé à Lyon, et qu’un seul président.

Pour l’instant nous sommes dans l’attente des textes officiels pour déterminer le calendrier et les modalités. Ces textes pourraient préfigurer d’organiser une assemblée à l’automne pour une mise en application au janvier. Quoiqu’il en soit il faut qu’avant fin décembre tout soit mise en place pour la création de la nouvelle entité. Les élections des chambres départementales ont quant à elles été repoussées et devraient avoir lieu à l’automne 2016.

 Serez-vous candidat à la présidence de nouvelle entité ?

Oui on peut le dire et Christian Vabret, président de la CRMA Auvergne, peut tout à fait revendiquer la même chose et cela serait d’ailleurs tout à fait légitime. J’espère malgré tout que l’on n’en arrivera pas à un combat de chef.

 Propos recueillis par Marine Graille



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