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« Nous ne sommes pas des nucléocrates »

Loire le 02 avril 2015 - Xavier ALIX - Sciences, Santé, Environnement - article lu 100 fois

« Nous ne sommes pas des nucléocrates »
ISTP - La salle d'expérimentation de l'ISTP imitant pour la formation des ingénieurs une centrale

Les jeunes sociétaires de la Société française d'énergie nucléaire (Sfen(1)) tenaient leur colloque national à l'ISTP Saint-Etienne (Institut supérieur des techniques de la performance) formateur d'ingénieurs nucléaires. Entretien avec Michel Simon, ancien d'Areva vice-président Rhône-Ain-Loire Sfen.

Au delà du poids économique que représente le nucléaire, notamment dans la Loire, on imagine que réduire de 50 % l’énergie nucléaire en France d’ici 2025 n’est pas crédible à vos yeux…

Quand on l’interpelle, le gouvernement est incapable de dire à la population, aux salariés du secteur quels réacteurs seront fermés. C’est censé être pour demain ! Nous ne sommes pas des « nucléocrates » : s’il y a mieux que le nucléaire pour pallier nos besoins, alors engageons le changement. En attendant, nous sommes d’accords pour réduire le nucléaire - mais à plus long terme et de manière réfléchie - à 50 % dans le cadre d’un équilibre avec les autres sources d‘énergie qui ne peuvent pas le remplacer à 100 %. Une combinaison qui doit faire en sorte de consommer le moins possible d’énergie fossile.

Mais le nucléaire dépend de l’uranium puisé à l’étranger, il produit des déchets…

La France a des réserves sur son sol pour 3 ans. Et avant que l’uranium ne s’épuise sur la planète il y en a pour 5 000 ans avec les nouveaux réacteurs peu consommateurs de 4e génération dont le prototype Astrid sortira en 2017 (invention « marketing » selon le Réseau sortir du nucléaire qui y voit une réédition de Superphénix et déboires, Ndlr). Nous puisons actuellement au Niger. Mais cette dépendance est relative : l’uranium se trouve facilement. Il y en a encore chez nous. Quand aux déchets, la plus grande partie ne sera plus radioactive dans 100 ans. Le cumul depuis 60 ans de ceux hautement radioactifs tient dans deux piscines olympiques et nous avons la technologie pour les confiner avec sûreté. Les risques sont raisonnablement maîtrisés. Que faut-il ? Prendre des risques hypothétiques ou les conséquence obligatoires des énergies fossiles ?

Fukushima n’a rien eu d’hypothétique…

20 000 morts dans le désastre à cause du Tsunami, quelques dizaines directement à cause de la centrale. On a bizarrement pas du tout parlé des conséquences sur l’environnement des destructions des raffineries et usines chimiques.

Xavier Alix

1Qui se définit comme « association de particuliers à but scientifique sur les questions d’énergie ». 4 500 membres (actifs et retraités d’entreprises du nucléaire aux deux tiers) en France, 500 en Rhône-Alpes.

 



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