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« La transition énergétique, c'est maintenant ! »

Isère le 26 novembre 2015 - Sevim SONMEZ - Isère rhodanienne - article lu 349 fois

« La transition énergétique, c'est maintenant ! »
Sévim Sonmez - Maxime Combes a dédicacé son dernier ouvrage à la librairie Lucioles

A quelques jours de la Cop21, l'économiste et écrivain Maxime Combes était à Vienne où il a présenté son dernier livre et participé à un débat échange sur la transition énergétique animé par Michel Bazin de l'association Attac.

Sortons de l’âge des fossiles, tel est le titre du dernier ouvrage de Maxime Combes qui résume en quelques mots la pensée de l’auteur, membre du mouvement inter-mondialiste Attac1 : « Prendre au sérieux le réchauffement climatique implique de laisser dans le sol la majorité des réserves d’énergies fossiles comme le pétrole ou le gaz de schiste. Mais pour cela, il faut modifier les règles d’organisation du commerce mondial, du système financier mais aussi notre mode de production et de consommation. Actuellement, nous observons la fumée qui sort de la cheminée et qui va dans l’atmosphère mais pas la formidable machine à réchauffer la planète qui se trouve en-deçà. »

Son ouvrage expose toute une série de verrous à lever pour une transition énergétique efficace. Il préconise quatre leviers : bloquer l’expansion du réchauffement climatique en disant non à certains projets (comme le Center Parcs de Roybon ou l’aéroport Notre-Dame-des-Landes). Déployer l’ensemble des alternatives déjà initiées par les collectivités, associations et citoyens. Intensifier le mouvement de désinvestissement dans les fonds financiers en relation avec les énergies fossiles, sachant que pour 1 € investi dans l’énergie renouvelable, 4 € le sont dans l’énergie fossile : c’est le « ratio espoir déluge ». Un ratio à inverser dans les plus brefs délais. Et enfin, les états doivent choisir entre l’accord Tafta (marché transatlantique pour la libéralisation du commerce et de l’investissement) et celui du climat.

Selon l’économiste, les politiques de lutte contre le dérèglement climatique doivent primer sur la logique de compétition économique et de profitabilité menées par les multinationales. Et c’est ce renversement qui devrait être discuté à la Cop21 et qui n’est malheureusement pas à l’ordre du jour. Le monde est face à une vraie alternative : laisser 80 % des énergies fossiles dans le sol ou subir un réchauffement climatique supérieur à 4°. « Lors de la Cop21, les pays invités rendront public leurs contributions nationales, c’est à dire leurs objectifs en matière de lutte contre le dérèglement climatique pour les prochaines décennies alors qu’il faudrait engager des actions concrètes rapidement. On a un inquiétant décalage entre le réchauffement réel 3,5° et le souhaitable 2°, sachant que 4° signifie un chaos climatique », conclut Maxime Combes.

Sévim Sonmez

1L'Association pour la taxation des transactions financières et pour l'action citoyenne.



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