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René Fréry: « Je sors dehors pour regarder le ciel »

Loire le 16 novembre 2015 - Béatrice Perrod-Bonnamour - Expositions - article lu 224 fois

René Fréry: « Je sors dehors pour regarder le ciel »
Glacis, Abstraction

René Fréry expose 70 toiles retraçant son parcours, du figuratif à l'abstraction. Quarante glacis sur toile, sous le titre « Abstraction Intacte » évoquent son chemin vers l'épuration.

La peinture peut-elle médiatrice de paix ?

À mes débuts dans ma peinture figurative, j'ai traité des faits de société : la rue, la drogue, le nucléaire, le travail, l'écologie... et bien sur la paix ! Contre les guerres !
Nous avons été, mon épouse et moi, des militants pour la paix. J'ai toujours pensé que la peinture doit être militante, elle est déjà politique dans son essence.

Du figuratif à l’abstraction, de la jeunesse à la maturité... Est-ce un chemin pour aller vers l’essentiel ?

La nature, la femme, l'homme, le ciel, les océans, sont naturellement  beaux ! Les peindre c'est magnifier leurs beautés. Devant l'ampleur de la tâche, et par ma nature j'ai évolué vers l'abstraction, créant ainsi mes propres images, mes paysages intérieurs. Par l'épuration, je donne des couleurs, des formes, un nouveau langage pour que le regardant se l’approprie.
 

Vous peignez en glacis, c’est une technique qui vous convient ?

Lorsque j'ai fait un hommage à Giotto après une visite à Florence, j'ai souhaité peindre en glacis comme Giotto, Simabué, Vinci. Le glacis avec ses superpositions de transparences donne beaucoup de perspective. Je travaille l’huile au couteau et étire la matière. Je peux donner toutes les nuances. J’aime le bleu. Je sors dehors pour regarder le ciel.
 

Vous avez peint le big bang, il y a quelques années. Le représenteriez-vous de la même façon aujourd’hui ?

Après les horribles attentats du 7 janvier, du 13 novembre dernier, je ne sais si je pourrais  faire un nouveau big bang ! Cette peinture  était un hymne à la création de l'univers, de la vie. Si je le  faisais aujourd'hui ce serait une oeuvre pamphlétaire comme Guernica, et les couleurs chaudes deviendraient froides, sanglantes, il y aurait des rouges de la colère et du sang ! des noirs, des bleus profonds exprimant l'horreur, l'absurdité. L'inadmissible.

Propos recueillis par Béatrice Perrod-Bonnamour

Château de Beaulieu, Riorges, jusqu’au 29 novembre, de 14 h à 18 h.



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