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Gaël Perdriau : « Il faut démolir à Saint-Etienne »

Loire le 08 janvier 2015 - Xavier Alix et Mathieu Ozanam - Collectivités locales - article lu 1982 fois

Gaël Perdriau : « Il faut démolir à Saint-Etienne »

Neuf mois après son élection, le maire de Saint-Etienne Gaël Perdriau a dévoilé cette semaine son plan de mandat. Notre rédaction l'a rencontré à cette occasion.

L’ordre de priorité que vous affichez dans votre plan de mandat est un peu différent de celui que vous affichiez dans votre programme pendant la campagne municipale. Avant vos priorités étaient : l’économie, l’emploi et l’insertion professionnelle, la fiscalité et les finances. Aujourd’hui, c’est la sécurité, le numérique, la qualité de vie. Pourquoi ce changement ?

Mes priorités n’ont pas changé. Il y a deux niveaux de lecture. Il y a une ambition à moyen et long terme qui est effectivement de donner à Saint-Etienne l’attractivité qu’elle mérite, et qui est à portée de main j’en suis convaincu, pour pouvoir attirer de nouvelles activités des promoteurs, des investisseurs pour pouvoir créer des activités économiques, de l’emploi. Pour réussir cet objectif principal, majeur, il y a une deuxième lecture à avoir de nos priorités. C’est l’amélioration du cadre de vie des Stéphanois, l’embellissement de la ville, une meilleure qualité de propreté des espaces publics, une meilleure sécurité pour que les Stéphanois aient envie de fréquenter leur ville et puis d’attirer également des populations extérieures à Saint-Etienne. Ce sont donc les priorités telles que je les avais défendues pendant la campagne que nous retrouvons dans ce plan de mandat.

Parlons sécurité justement. Vous avez décidé d’armer les policiers municipaux en journée. Diriez-vous qu’aujourd’hui Saint-Etienne n’est pas une ville sûre ?

Considérant que les malfrats n’ont pas d’horaire pour commettre leur méfait, j’ai souhaité que nos policiers soient armés toute la journée, qu’ils ne soient pas moins bien armés que les bandits. Les policiers municipaux ont tous l’autorisation du port d’arme dès aujourd’hui. Ils ont même des heures d’entraînement supérieur à ce qu’exige la loi donc je ne voyais aucune raison pour ne pas les doter d’armes pendant tout leur service.

Dans votre plan de mandat vous indiquez vouloir doubler le nombre de caméras de vidéo-surveillance. Par conséquent considérez-vous que Saint-Etienne est une ville peu sûre ?

J’entends ce que les Stéphanois me disent. Et ce que j’entends c’est que jusqu’à maintenant, se promener à Saint-Etienne, flâner, faire du shopping, joindre les lieux de loisirs ne se fait pas en toute quiétude. Ce que l’on doit aux Stéphanois en premier lieu c’est d’offrir une ville qui est sûre dans leurs déplacements ou dans l’espace public. J’ai entendu les Stéphanois, c’est pourquoi j’ai souhaité apporter ce complément de sécurité par le doublement de la vidéo-surveillance pour mieux orienter nos forces humaines. Les effectifs de la police municipale ont déjà augmenté de 40 personnes en 2014. Ce sera une quinzaine de plus en 2015. Ce que je souhaite, c’est après leur avoir donné une feuille de route très claire qu’ils n’avaient pas jusqu’à maintenant, c’est qu’ils puissent circuler dans la ville à pied pour être au plus proche de nos concitoyens afin d’établir le contact avec la population, ce qui doit être pour moi la première de leurs missions.

Les effectifs de la police municipale ont augmenté, mais vous avez également annoncé qu’il y aurait des coupes de personnel dans d’autres services pour compenser ces embauches. Cela ne va-t-il pas créer des tensions sociales au sein du personnel municipal ?

 

Un récent article d’un grand quotidien national n’a pas parlé en bien de l’état urbanistique de Saint-Etienne. Quelles solutions pour amener davantage de classes moyennes et de cadres supérieurs à y habiter ?

Mon programme électoral. Cet article ne m’a évidemment pas fait plaisir. Comme tous les Stéphanois, il m’a fait réagir. Dans n’importe quelle ville, on est capable de prendre en photo des immeubles qui attendent la démolition. Le jugement de la journaliste était biaisé. Sans doute a-t-elle écrit son article avec les préjugés que beaucoup de Français ont. Il faut en tenir compte. Cet article constitue finalement un point zéro pour moi et mon équipe. Vous le trouverez dans mon plan de mandat : je suis convaincu qu’il faut démolir à Saint-Etienne de nombreux immeubles qui ne méritent pas de rénovation. Cela demande des moyens financiers importants, une volonté politique importante avec sans doute davantage de déclarations d’utilité publique, de moyens coercitifs pour obliger les propriétaires à rénover, bouger ou à nous vendre pour dégager de l’espace. Et pas forcément pour reconstruire derrière. A Saint-Etienne, dès que l’on démolit, on ressent le besoin de reconstruire quelque chose derrière. Or, on a 10 % de logements vacants, ce qui est considérable. Je souhaite que les bailleurs sociaux se concentrent - et le premier d’entre eux Métropole habitat - sur les rénovations du tiers des appartements construits dans les années 60 pour obtenir les standards recherchés aujourd’hui et que l’on incite les propriétaires privés à rénover. Je remercie la préfète qui a travaillé à nos côtés pour que les crédits de l’Anah soient encore plus importants pour les années qui viennent. Mais je ne peux que regretter que l’Etat ait réduit son périmètre sur les quartiers en rénovation urbaine. Car nous sommes encore au milieu du gué. Il s’agit de convaincre les promoteurs d’investir ici. Ce n’est pas le moment que l’Etat nous laisse tomber.

Vous militez pour la réalisation de l’A45. Le ministère des Transports doit annoncer le montant de la participation financière de l’Agglomération. Si c’est 175 M€, est-ce que ce ne sera pas le seul investissement possible sur votre mandat ? N’est-ce pas la mort annoncée de votre projet de 3e ligne de tramway ?

 

Vous dites vouloir « reprendre le dialogue pour étudier l’extension » de  Saint-Etienne Métropole? Quel périmètre voyez-vous sachant que Loire Forez de son côté réfléchit aussi de son côté à l’élargissement de son périmètre ?

 

Dans le domaine de la culture, la première décision de votre mandat a porté sur l’Opéra-Théâtre et la suspension de 9 cadres. Est-ce que cela ne risque pas de marquer au fer rouge votre mandat dans le domaine culturel ? D’autant que l’autre grand projet, le déménagement de La Comédie de Saint-Etienne, n’était pas de votre volonté ?

 

Vous proposez l’extension du musée d’Art moderne et contemporain. Le Louvres Saint-Etienne ou le Centre Pompidou Saint-Etienne comme c’est le cas pour Lens et Metz, c’est envisageable ?

 

Personnellement, vous projetez-vous politiquement au-delà de 2020 et dans quel rôle ?

J’ai une ambition aujourd’hui : réussir le projet pour lequel les Stéphanois m’ont élu. Je ne ménage pas mon énergie et je suis très heureux d’être accompagné par une équipe d’élus qui s’investit énormément. Je crois que l’on a besoin de fédérer ces énergies très positives à Saint-Etienne pour aller dans le même sens. Je suis convaincu qu’il ne manque pas grand chose pour que l’on réussisse. On a tous les éléments fondamentaux pour que Saint-Etienne soit reconnue comme la grande ville qu’elle est : l’université, 25 000 étudiants, des grandes écoles, un tissu associatif très riche, de PME-PMI qui est le deuxième du pays après celui d’Ile-de-France, un monde culturel très dense, le sport... Il faut maintenant que ce potentiel exceptionnel se révèle. Mon ambition c’est que notre ville puisse révéler l’ensemble de ses talents et se porter en 2020 mieux qu’elle ne se porte aujourd’hui.

Propos recueillis par Mathieu Ozanam et Xavier Alix

Prises de vues : Sylvain Thizy



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