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Et Frédéric Prochazka inventa le plastique à base de protéines de lait

Loire le 24 juillet 2015 - Mathieu Ozanam - Industrie - article lu 545 fois

Et Frédéric Prochazka inventa le plastique à base de protéines de lait
Mathieu Ozanam - Frédéric Prochazka est à l'origine de ce nouveau plastique plastique « hydrosoluble, biodégradable et biosourcé »

Ces scientifiques ou des chercheurs ont marqué l'année universitaire 2015. Premier épisode de notre série : Frédéric Prochazka. Il est enseignant-chercheur à l'université Jean-Monnet de Saint-Etienne en ingénierie des matériaux polymères.

« Le PVC c’est le plastique le plus toxique au monde, mais c’est aussi le plus produit car le moins cher », explique Frédéric Prochazka, enseignant-chercheur à l’université Jean-Monnet de Saint-Etienne en ingénierie des matériaux polymères. Peut-être les choses pourraient-elles changer demain avec le plastique « hydrosoluble, biodégradable et biosourcé » sur lequel Frédéric Prochazka travaille, associé à Marie-Hélène Gramatikoff et Fabrice Plasson.

C’est pour mettre en œuvre une application pratique du brevet sur la transformation de protéine de lait en plastique actif, déposé en 2010 par l’université. Devant le manque d’intérêt des industriels pour exploiter eux-mêmes le brevet, les trois associés décident de créer en avril 2014 la société Lactips. « Si quelqu’un s’était intéressé au brevet, peut-être que nous n’y serions pas allés. » Depuis les récompenses se multiplient. Il y a eu une place de 4e dans le concours « Inventer demain » organisé par la Radio-télévision suisse et France 3 Régions et puis il y a eu au début du mois de juillet la remise d’un prix spécial du jury « création-développement » lors du 17e concours national d’aide à la création d’entreprises de technologies innovantes par le secrétaire d’Etat en charge de l’Enseignement supérieur et de la recherche. Au-delà de la reconnaissance du travail accompli, les lauréats du concours i-LAB reçoivent une subvention de l’ordre de 250 000 € à investir pour moitié dans l’achat de matériel.

Un projet stéphanois

Originaire du Mans, Frédéric Prochazka est arrivé en 1999 à Saint-Etienne. Il a d’abord travaillé avec Gilles Assezat sur un polymère soluble. La matière issue de la protéine de lait se présente sous forme de petites billes. « On peut les extruder, les extruder-souffler et les injecter pour en faire des films. » Avantage : il est hydrosoluble et il est comestible. Un produit qui n’existe pas aujourd’hui sur le marché. « On pourrait faire des sachets pour avoir des doses prêtes à l’usage, par exemple pour des colorants alimentaires pré-dosés. Nous recevons des demandes pour des applications auxquelles on ne pensait pas : par exemple des zoos se demandaient s’il serait possible de donner des médicaments à des animaux de cette façon en les enrobant dans ce film plastique. » Il serait également possible d’utiliser ce film pour les dosettes de lessive aujourd’hui en polymères vinyliques. Non biodégradables ils sont rejetés dans les canalisations.

Installée récemment dans la zone Métrotech à Saint-Jean-Bonnefonds après avoir quitté la plateforme de recherche Axel-One à Saint-Fons (Rhône), Lactips est passé ces derniers jours d’une production de 5 kg/h dans son laboratoire à 16 kg/h en utilisant une extrudeuse. « Notre secret est dans le profil de la vis et la façon dont nous la chauffons. » Lactips s’adresse aux industriels qui attendent des solutions pour des productions à grande échelle. Des tests doivent être engagés dans les mois à venir. A terme c’est un marché de plusieurs dizaines de millions d’euros qui pourrait s’ouvrir.

Mathieu Ozanam



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