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Flora Guigal offre une nouvelle vie aux insectes

Loire le 21 novembre 2015 - Aline Vincent - Actualités - article lu 635 fois

Flora Guigal offre une nouvelle vie aux insectes
Vincent - Passée maître en techniques ancestrales au service du contemporain

Flora Guigal est l'invitée d'honneur de la 4e Biennale des bijoutiers-créateurs de St Jean-Saint-Maurice. Un événement au niveau du département.

Ses pièces uniques s'inspirent des courbes Art Nouveau de la fin du XIXe et des formes géométriques et symétriques du mouvement avant-gardiste Art Déco qui l'a suivi au début du XXe. Le style de Flora Guigal est aussi d'influence ethnique et tribale.

Depuis 5 ans, l'artiste a développé un nouveau volet de son talent, de source organique cette fois, en expérimentant la transformation d'insectes ou de plantes en argent grâce à un procédé ancestral de fonte à la cire perdue. Une technique utilisée, entre autre, par les Gaulois, aujourd'hui au service de la création de bijoux contemporains. « Tout est parti d'un frelon mort dans l'atelier ! J'ai repensé à ce procédé dont j'avais entendu parler ». Frelons, scarabées, abeilles, papillons et  même libellules retrouvent ainsi une nouvelle vie en argent brut ou associé à d'autres matériaux. Ils se déclinent en bagues, pendentifs ou broches...  « J'utilise aussi des petits ossements de vertébrés. » Cette méthode de fonderie d'art par moulage, permet la réalisation d'œuvres de formes complexes. Elle est aussi utilisée dans l'industrie pour l'obtention de pièces de grande précision.

Son style très personnel et son savoir-faire ont valu à cette jeune Roannaise « expatriée » au Havre  d'être l'invitée d'honneur de la 4e édition de la Biennale des Bijoutiers-Créateurs qui se tiendra dans la cité médiévale de Saint-Jean-Saint-Maurice du 27 au 28 novembre. Une édition intitulée « les jeunes talents et la création contemporaine ». On pourra y découvrir la diversité et le dynamisme de la scène actuelle de la bijouterie et de la joaillerie. Et c'est justement à Roanne, chez le maître-artisan bijoutier François Allier, que Flora Guigal a puisé ses savoir-faire après avoir cherché sa voie entre plusieurs chemins artistiques. Il faut rappeler que François Allier est un spécialiste du patrimoine archéologique. Il a en partie bâti sa réputation sur la reproduction de techniques antiques au service de la création de bijoux d'inspiration celte. On lui a ainsi confié la reproduction de 2 figurines, un cheval et un sanglier, retrouvés sur l'Oppidum de Joeuvre, hameau situé sur les hauteurs des gorges de la Loire, entre Commelle et Cordelle. Réalisées par un artiste celte du 1er siècle avant Jésus-Christ, ces pièces sont un témoignage fort de la fin de l'ère gauloise. Par ailleurs, le Musée de Bibracte (Morvant), lieu mythique de la guerre des Gaules, lui a commandé la reproduction de la monnaie celte retrouvée sur l'oppidum. Un maître de stage de choix dont la maîtrise reconnue lui a valu d'obtenir le label « Entreprise du patrimoine vivant ».

L'univers dans lequel j'ai eu envie de m'exprimer

Flora Guigal a toujours aimé dessiner et peindre. Dès sa scolarité au lycée Jean-Puy, elle opte pour la filière « L » option Arts plastiques, avant d'entrer à l'Ecole des Beaux-Arts de Lyon. « J'ai rapidement été déçue. L'enseignement avait perdu la rigueur de la pratique académique qui faisait  sa réputation ». Un milieu par ailleurs sans pitié. N'entrevoyant pas de débouchés, elle cherche de nouveau sa voie. La Mission locale de Roanne lui offre la possibilité de tester trois domaines différents : le tatouage, la poterie et la bijouterie. « C'est l'univers que j'ai découvert chez François Allier qui a retenu mon attention et dans lequel j'ai eu envie de m'exprimer ». Il lui propose de réaliser un stage de 6 mois auprès de lui. Elle décide de passer le CAP du bijou et joyaux au SEPR de Lyon et l'obtient en 2010. Elle enchaîne avec un CAP de sertissage validé l'année suivante. Elle intègre alors l'association d'artistes « L'Establon » à Saint-Etienne. Cette appartenance lui donne le droit d'utiliser un poinçon lui permettant de commercialiser ses bijoux, exclusivement en argent.  « Ce poinçon est valable jusqu'à 30 g d'argent. Le poinçonnage de l'or est plus limitatif. Dès 3 g, il dépend des services des douanes ». Grâce à Talents Croisés, une coopérative d'activités accompagnant la création d'entreprise en offrant un maximum de sécurité et d'encadrement, elle lance son activité. Puis l'amour emportera Flora Guigal au Havre. Elle en reviendra dans quelques jours pour présenter ses créations.

Aline Vincent

Date : le 13 novembre 2015. Je suis très touchée. Notre pays prend là un tournant

Lieu : sur le dos d'un cheval !

Personnage : la peintre surréaliste mexicaine Frida Khalo, mais aussi Tamara de Lempicka pour le mouvement Art Déco

Ambition : pouvoir vivre de mon métier et m'y épanouir. Avoir aussi des projets de collaboration avec  d'autres artistes, notamment dans les métiers de la mode.

Phrase : « la patience est mère de toutes les vertus »



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