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« Augmenter la valeur de la ferme Isère »

Isère le 27 novembre 2015 - Laurent Marchandiau - Agroalimentaire - article lu 145 fois

« Augmenter la valeur de la ferme Isère »
Laurent Marchandiau - Jean-Claude Darlet, le président de la Chambre d'Agriculture de l'Isère.

Rapprocher les producteurs des transformateurs dans une logique de circuit court afin de développer les filières de produits locaux. C'est l'objectif de la première rencontre des professionnels de l'alimentation qui s'est déroulée le 16 novembre au Marché d'intérêt national de Grenoble. Entretien avec Jean-Claude Darlet, le président de la chambre d'Agriculture de l'Isère.

Pourquoi avoir organisé ces rencontres ?​

Nous souhaitions favoriser le rapprochement entre les producteurs, transformateurs, artisans et distributeurs locaux. Les consommateurs sont de plus en plus sensibles à l’achat de produits locaux. D’où la nécessité de développer des filières courtes avec une distribution de produits agricoles de proximité, transformés sur le territoire. Organisé en partenariat avec la chambre de commerce et d’industrie de Grenoble ainsi que la chambre de métiers et de l’artisanat de l’Isère, cet événement a réuni près de 100 professionnels pour moitié, des vendeurs, les 45 % à 50 % restants étant des acheteurs, le tout dans un lieu symbolique, le Marché d’Intérêt National de Grenoble.

Quels sont les objectifs derrière cet événement ?

Nous espérons que les professionnels tisseront des liens entre eux et que cela débouchera sur des contrats à terme. Sur l’ensemble des exploitants professionnels du département, un tiers sont dans des modes de production en circuits courts. Ces rencontres permettent aux participants de renforcer leurs débouchés, de tisser de nouvelles relations, car bien souvent un agriculteur et un restaurateur ne se connaissent pas.

D’autre part, cette initiative s’inscrit pleinement dans notre politique visant notamment à créer des filières locales de proximité. Le challenge étant de réaliser des produits à des prix compétitifs. Pour cela, il faudra inventer de nouveaux modes tels que la contractualisation entre un exploitant et un premier transformateur ou encore défricher de nouveaux marchés tels que celui des cantines scolaires. Il faut savoir que les cantines scolaires de Grenoble ne se fournissent que très faiblement  auprès des producteurs du département !  Nous avons des marchés à conquérir !

Comment se porte l’agriculture sur l’Isère ?

Notre territoire comporte une étonnante diversité d’exploitations. Au niveau de l’élevage et de la production de lait, cela reste très difficile, les prix des produits ne paient pas les charges d’où la mise en place d’un plan de relance avec des aides à court terme afin d’aider cette filière. Sur la vallée du Rhône concentrant une grande partie de la production de fruits du département, l’année a été bonne du fait des températures estivales plutôt chaudes, mais cela ne compense pas les 20 années difficiles que nos exploitations ont traversées notamment avec une forte concurrence des pays du Sud. La noix se porte bien et du fait des bons résultats cette année, son prix pourrait légèrement diminuer. Quant au maraîchage, la situation est tendue compte-tenu de problèmes de prix ne parvenant pas à compenser les coûts de production.

Propos recueillis par Laurent Marchandiau

 

L’agriculture iséroise en chiffres

Répartition des cinq productions principales : 32 % de grandes cultures, 22 % de fruits, 20 % de lait de vache, 17 % de bovins, 9 % de pépinières et d’horticulture.

Les cinq productions principales concentrent 75 % du chiffre d’affaires agricole départemental.

Le chiffre d’affaires agricole départemental est de 451,6 M€ (en 2009) réalisé par 7 230 chefs d’exploitations, dont 52 % de petites exploitations et 33 % de moyennes ;

800 à 1000 exploitations proposent des produits fermiers en partie en vente directe ; 27 % des exploitations vendent au moins un produit en circuit court ;

55 fermes adhérentes au label Bienvenue à la Ferme, la marque des chambres d'agriculture pour les produits fermiers et l'agri-tourisme.



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